ALAIN BENARD
Écrivain sous le nom de Frère Soval
LES MONDES IMMOBILES

Chapitre 24

TABLE DES CHAPITRES

Avant d’appeler cette vieille canaille de Caron, Manu se félicita d’avoir entretenu avec le prêtre, pendant toutes ces années, une relation régulière qui l’autorisait aujourd’hui à déranger le saint homme. Caron était un moine capucin aussi acariâtre que dévot et instruit. Il était reconnu comme un spécialiste des langues anciennes, du latin au grec, en passant par les variantes de copte, d’araméen et d’hébreu. Manu fut bref. Il salua le vieil homme avec le respect qui lui était dû et dit :

— J’ai depuis peu, en ma possession, une série de vingt planchettes en bois numérotées sur lesquelles un texte est écrit, sans doute en copte. Pourriez-vous y consacrer un peu de votre temps ? demanda Manu. Le père bougonna au bout du fil :

— Vous êtes sûr que c’est du copte ?

— Je ne suis pas un spécialiste, comme vous le savez, mais c’est la conclusion à laquelle je suis arrivé.

— Vous dites que les planchettes seraient en bois ? Cela paraît impossible qu’elles aient traversé le temps. Vous savez comme moi que c’est difficile de conserver le bois au-delà d’un certain temps, ce qui fait que les textes sur bois sont très rares.

— Peut-être que cela pourrait vous intéresser d’y jeter un œil ?

— Bon, envoyez-moi tout votre bazar sur mon mail, je vais regarder ce que je peux faire. Bonsoir. Et il raccrocha sans plus attendre. Manu s’en moquait. L’essentiel était que le vieux prêtre ait accepté de regarder les planchettes. La suite ne faisait aucun doute, la curiosité du vieil homme serait piquée et il n’aurait de cesse que de parvenir à la traduction des textes. Ce soir-là, Manu alla se coucher en songeant aux mystères que le vieux Caron allait aider à dévoiler. Quand le lendemain, il vit sur son ordinateur une réponse du prêtre, il en fut étonné au plus haut point. Il pensa à un simple accusé de réception, mais non, son interlocuteur lui demandait de l’appeler aux aurores. Il était six heures quand Manu composa le numéro du capucin. Si le prêtre était dans ses prières matinales, il rappellerait. Le père Caron décrocha, son humeur avait radicalement changé.

— J’ai regardé votre document, c’est très intéressant. J’ai réussi pendant la nuit à déchiffrer les planchettes. Cela a été difficile parce que, contrairement à ce que vous m’aviez

déclaré, ce n’est pas à proprement parler du copte.

— Je suis désolé, avoua Manu, ma culture des textes anciens est assez superficielle.

— Mais vous n’étiez pas loin de la vérité ; le texte, c’est du sahidique. Une des premières formes dialectales du copte. Je vous donne quand même la moyenne, conclut le capucin qui manifestement s’amusait de l’inculture toute relative de Manu. Le père Caron jubilait.

— Vous savez, Manu, que tout travail mérite salaire, et compte tenu de notre longue amitié, je me contenterai de pouvoir examiner personnellement l’objet en question. Manu s’attendait à un coup de patte du prêtre, mais pas à cette demande. Il ne pouvait que se soumettre.

— Je vous attends après l’angélus, ce soir à l’abbaye, conclut le vieux Caron. Quand Manu téléphona à Antoine, ce dernier se réjouit de la bonne nouvelle.

— Je téléphone à Marcel pour qu’il apporte le tonnelet, et pour l’informer de l’heure et du lieu du rendez-vous, proposa Antoine. Antoine savait qu’il trouverait facilement un arrangement avec Marcel.

— Je ne pose qu’une condition, prévint Marcel, c’est moi qui apporte le tonnelet et

j’espère que votre cureton me laissera entendre tout ce qu’il aura à dire. Cela semblait acceptable et Antoine alerta Auguste, à charge pour ce dernier d’informer Aristide. Vers dix-sept heures trente, Manu passa chercher Antoine, puis Marcel qui sortit, un sac-poubelle noir à la main. Comme on s’étonnait, il leur expliqua :

— C’est ce qui est le plus sûr quand vous transportez des choses de prix. Qui s’amuserait à faire un vol à l’arraché pour récupérer un sac- poubelle ? Manu et Antoine se regardèrent, admiratifs devant ces paroles frappées de bon sens. Décidément, chaque monde avait sa propre sagesse et l’on gagnait toujours à apprendre des autres. Ils se garèrent à quelque distance de l’abbaye et bavardèrent en attendant l’heure du rendez-vous. Caron, dont la vie était rythmée par les prières, fut ponctuel. Il embrassa Manu.

— À chaque fois, que je te vois, lui dit-il, je revois ton père. C’était quelqu’un que j’appréciais beaucoup et je prie souvent pour le salut de son âme. Et toi, comment vas-tu ? Il était évident que le capucin avait une dette envers Manu et son père. Les présentations

faites, le capucin salua les autres avec bonhomie.

— Je suis bien certain que vous me pardonnerez mon caprice, compte tenu de mon âge et de l’importance du service que je vais vous rendre, n’est-ce pas ? L’objet est dans votre sac, jeune homme ? demanda-t-il à Marcel, qu’on n’avait plus appelé comme ça depuis des décennies.

— Oui, mon père, bredouilla le forain.

— Suivez-moi, on va se trouver un coin tranquille dans la bibliothèque. Ils suivirent le capucin dans les dédales de l’abbaye. De couloir en couloir, ils aperçurent la salle capitulaire où se réunissait la communauté des moines et, un peu plus loin, les hauts murs de la grande bibliothèque où ils arrivèrent enfin. La salle était plus humble que celles qu’ils avaient entrevues en chemin. Les murs étaient couverts de livres et une grande table occupait le centre de la pièce. Il faisait froid. Il y avait bien une grande cheminée qui occupait le mur en face de la porte d’entrée, mais elle n’avait pas servi depuis longtemps. La salle était déserte, et le père Caron leur proposa de prendre place autour de la table. Les fauteuils étaient confortables et manifestement anciens, certains étaient usés et auraient demandé des travaux de restauration

urgents. Manu et Auguste échangèrent un regard complice. Ils se disaient que Marcel ne pourrait s’empêcher d’en faire une évaluation.

— Il y a du café et du thé sur la table du fond, servez-vous à votre convenance, déclara le père. Une fois tous assis, Marcel sortit le tonneau de son sac plastique. Le prêtre demanda à Manu de distribuer des photocopies, il chaussa d’épaisses lunettes, alluma une lampe et s’empara du tonnelet avec un sourire gourmand. Les autres s’étaient plongés dans la lecture du document fourni par le capucin. Il avait bien fait les choses ! En recto verso, on pouvait voir toutes les douves sous-titrées à chaque fois de quelques phrases qui couraient le long de la page. De longues minutes passèrent dans un silence pesant. Marcel commença à s’agiter puis ce fut au tour d’Antoine de décrocher. Échangeant un signe, ils se levèrent et se dirigèrent vers la table où se trouvait le café.

— Tu as tout pigé, toi ? chuchota Marcel.

— Franchement non, répondit Antoine à voix basse. Il n’y a que Manu qui pourra comprendre les codes qu’a utilisés le prêtre. Pendant qu’ils buvaient un mauvais café, le père Caron tournait et retournait le tonnelet dans tous les sens tandis qu’il prenait à la volée

des notes sur un cahier. Manu, droit sur sa chaise, annotait directement le document. Il se leva enfin et rejoignit les autres dans le coin de la pièce.

— Alors, tu as compris tout ce qui est écrit ? interrogea Antoine.

— Globalement, oui, il y a cependant quelques points sur lesquels il me faudra des éclaircissements. Manu avait à peine fini sa tasse que le père Caron l’interpella :

— Manu, tu peux m’apporter une tasse de café sans sucre ? Et revenez tous par ici, pour qu’on puisse parler de ce fameux tonnelet ! Vous aurez sûrement observé, poursuivit-il, que les clous, les ferronneries et la main de lecture sont sans doute en or. Cet objet est inestimable ! D’autant que le mécanisme d’ouverture est complexe. Après un bref silence, il reprit :

— Avant toutes choses, je veux préciser deux points. D’abord, comme nous l’avons évoqué avec Manu, je confirme bien que ce n’est pas du copte pur, mais du sahidique, un dialecte afro-asiatique qui a disparu au XIe siècle. Deuxième point, je ne suis en aucun cas un spécialiste de ces langues. Je peux tout juste faire de brèves traductions si elles sont faciles, comme c’est le cas ici.

Pendant quelques minutes, Manu échangea avec le capucin qui reconnut qu’il avait négligé d’apposer une légende sur son travail. Ce point éclairci, Manu demanda :

— Est-on certain que les écrits sur les douves précisent le mode d’ouverture, et que les numéros qui figurent sur les traductions donnent bien l’ordre des planchettes ? Le père confirma :

— Le plus probable, c’est que l’on trouvera à l’intérieur des rouleaux de parchemin, et si c’est le cas, il est à craindre que les textes soient encore en sahidique. Je ne connais qu’une vingtaine de chercheurs dans le monde capables de traduire de longs textes de ce type. Il faut espérer qu’il ne sera pas nécessaire d’avoir recours à leurs services. Pour terminer, il les mit en garde :

— Non seulement ce genre d’objet n’a pas de prix, mais il peut aussi attirer des gens mal intentionnés. Je ne saurais trop vous recommander la plus grande prudence.

Il était dix-huit heures. Tout le monde voulait ouvrir le tonnelet. Marcel avait téléphoné à sa femme, Manu à Auguste, et Antoine avait joint Hortense. Ils s’étaient donné rendez-vous chez Marcel.

Ils reprirent leurs places de la veille. Antoine avait donné sa photocopie à Annie, et il était allé chercher les rafraîchissements avec Marcel. C’était là qu’ils se rendaient le plus utiles ; les spécialistes c’étaient Manu et Annie, il valait mieux les laisser travailler sans perturbations. Quand Hortense arriva, elle se plongea dans les traductions du moine, puis elle analysa avec les autres les manœuvres pour ouvrir le coffret. En une heure, ils furent prêts à procéder à un essai. Annie prit la main de lecture et commença la procédure d’ouverture. Au grand étonnement d’Antoine, la première étape consistait à enfoncer deux clous. Ensuite, ils déplacèrent une douve, le couvercle pivota d’un quart et ils se retrouvèrent dans une impasse. Hortense proposa alors de remettre les planchettes en place et de recommencer à zéro. Cette fois, c’estt Manu qui tenait la main de lecture et Annie donnait les consignes. Les clous, la douve, le couvercle ! Manu buta à son tour. Hortense pensait que, si l’on regardait de près les traductions, il fallait peut-être comprendre que l’une des pointes devait être tournée, avant d’être enfoncée. Tout fut remis en place et elle essaya à son tour. L’ambiance était tendue, ils taquinaient un peu Hortense. Raté ! Elle avait eu raison. Une étape supplémentaire venait d’être franchie.

Marcel et Antoine se sentaient inutiles. Ils sortirent discuter sur le balcon. Quand Auguste les rejoignit, ils lui firent un résumé de leurs préoccupations. Ils parlaient d’argent. Marcel était tracassé. Il ne savait plus que faire. Personne ne pourrait acheter le tonneau, jamais il ne pourrait le vendre. Les acheteurs potentiels qu’il connaissait ne cesseraient pas de faire baisser les prix et au moindre pépin, ils seraient les premiers à le dénoncer à la flicaille. Marcel reconnut que s’ils consentaient à lui révéler le secret qui les réunissait, il était prêt à leur offrir le tonneau.

— J’en parlerai aux autres, c’est promis, jura Antoine. Antoine n’avait même pas essayé de démentir le fait que le groupe était lié par un secret. Auguste était rentré et avait mis les autres au courant. Les choses avançaient bien. Auguste avait bon espoir de voir le tonneau ouvert avant la fin de la journée. D’après lui, sans Annie, on aurait lamentablement pataugé ; Hortense avait un don pour les détails ; et Manu avait la méthode. À eux trois, ils étaient complémentaires et on avait eu raison de les laisser œuvrer.

— Nous n’avons pas notre place au milieu de ces spécialistes, conclut Auguste.

— Moi, tout ce que je veux savoir, c’est si ma femme se tient bien, intervint Marcel.

— Tout ce que je peux te dire, répondit Auguste, c’est que j’ai repoussé ses avances trois fois. En revanche, je n’ai pas pu résister aux propositions de Manu et d’Hortense. Évidemment, Marcel et Antoine lui étaient tombés dessus, jusqu’à ce qu’il regrette d’avoir prononcé des phrases aussi douteuses. Annie sortit prendre l’air. Un petit vent soufflait, froid et sec. Ses cheveux qui bougeaient et lui cachaient de temps en temps le visage, c’était tendre.

— On pense ouvrir le tonnelet dans quelques instants. Il ne reste plus qu’une manipulation, dit-elle, ce serait mieux que tout le monde soit présent pour l’ouverture. Ils se précipitèrent vers le bureau en se bousculant. Annie les regarda, effarée de constater que tous autant qu’ils étaient, ils restaient de vrais enfants qui ne grandiraient jamais. Sur la table, le tonnelet était complètement désarticulé. Manu proposa à Hortense de faire la dernière manœuvre, puisqu’elle avait un lien sentimental avec le tonneau. Tous approuvèrent cette proposition pour ensuite la menacer de tous les maux si elle ne réussissait pas. Tout le monde rit.

— Tu pourrais me défendre, Antoine, se plaignit-elle. Antoine fit comme dans les jeux du cirque, il se leva, l’air grave et majestueux, tendit le bras, et lentement tourna son pouce vers la terre. Tout le monde applaudit.

— N’oubliez jamais que c’est ceux-là mêmes qui étaient dans l’arène qui ont fini par persécuter leurs ennemis. Vous ne perdez rien pour attendre, menaça Hortense. Elle respira un grand coup, tourna le haut du baril dans le sens indiqué et tout s’écroula. À la place du tonneau, on vit un lot de planchettes, des cerclages, des clous et, au milieu, un long tube de bois de couleur acajou. Hortense invita Annie à déboucher le cylindre. Elle essaya d’abord de le tirer ; comme elle n’y arrivait pas, elle voulut le dévisser. Toujours rien. Après un instant de réflexion, elle dévissa le couvercle dans le sens inverse et, en quelques gestes, le capuchon fut enlevé. Le tube passa de main en main, tout le monde voulait voir ce qu’il contenait. C’était un énorme rouleau qui semblait être du papier. Manu essaya de sortir le document, en vain. Marcel attrapa le cylindre de bois et le retourna en donnant sur le fond de petits coups circulaires. Lentement, le parchemin enroulé émergea. On aurait dit une naissance.

Quand une partie suffisante fut extraite, Manu saisit le rouleau et tira doucement. Tout à coup, le manuscrit fut là. Une quarantaine de centimètres de longueur et une vingtaine d’épaisseur. Manu s’assit. Il en déroula avec précaution une petite partie. C’était du véritable parchemin, et il était dans un état de conservation remarquable ! Il déroula un peu plus et commença à lire quelques lignes. Il poussa un grand soupir de soulagement. C’était du latin, pas du copte ancien ! Manu calma l’enthousiasme général.

— Il ne faut pas se réjouir trop vite. Je ne vois que la fin du document, et rien ne dit qu’il ne sera pas dans une langue plus obscure encore que le sahidique. Auguste informa Aristide, qui les félicita.

— Comment se passent les choses avec Marcel, et comment vont-elles évoluer d’après toi ? Antoine lui transmit la demande de Marcel, et il ajouta que, de son point de vue, Marcel et Annie étaient un couple tout à fait recommandable. La femme de Marcel était une vraie garantie. Aristide questionna Manu un long moment et pour terminer, il voulut à nouveau parler à Auguste. Les autres étaient autour de la table, ils buvaient des jus de fruits. Auguste demanda à parler à Marcel et à sa

femme en privé. Ils s’isolèrent. Les autres s’en amusèrent.

— Surtout, ne revenez pas trop vite ! La maison nous intéresse, laissez-nous le temps de tout dévaliser ! Ils plaisantaient, mais ils savaient que l’instant était grave. Auguste, en leur nom à tous, allait bientôt faire à Marcel et Annie une proposition qui allait changer leur vie.

Auguste vérifia que le forain maintenait son offre. Le tonneau contre le secret !

— Je n’ai qu’une parole, répliqua Marcel.

— Depuis toujours, ajouta Annie, je me suis tenue à l’écart des affaires de mon mari, par principe. Dans le cas présent, je suis partie prenante et je me porte garante de l’engagement de mon époux. Ils revinrent au salon.

— Manu, peux-tu prêter ta bague à Marcel ? demanda Auguste. Hortense, tu passes la tienne à Annie ? Ils s’isolèrent dans la cuisine. Antoine se mit face à Marcel, et Auguste face à Annie. Tous deux avaient enfilé les bagues à double anneau, Auguste leur en expliqua le mode opératoire : il fallait le faire en une seule fois, et jusqu’au bout. Au signal, ils actionnèrent le bijou. Marcel et sa femme regardèrent leurs amis. Auguste leur

demanda de tourner la tête, ils virent le reste de leur petit groupe statufié. Hortense, même sur le vif, était belle. Manu, prenait la pose. Auguste expliqua alors qu’ils étaient dans le monde immobile, là où le temps ne comptait plus. Le couple était incrédule. Ils quittèrent l’appartement et se dirigèrent vers le bistrot. À l’intérieur, tout était figé. Même le vin qu’un poivrot avait renversé s’était immobilisé dans l’espace. Annie posa beaucoup de questions. Ils répondirent du mieux qu’ils pouvaient. Marcel ne réalisait pas encore ce qui se passait. Il demanda :

— Quel est le rapport avec le tonneau ? Auguste résuma l’histoire. Annie s’inquiéta pour ceux qui les attendaient. Auguste la rassura. Quand ils décideraient de revenir, les autres penseraient qu’ils n’avaient pas bougé. À leur retour, les autres, statufiés dans le salon étaient toujours figés dans une immobilité qui semblait devoir être éternelle. Lorsqu’ils revinrent dans le monde normal, Hortense et Manu leur dirent :

— Vous en avez mis du temps, cela fait des heures qu’on vous attend ! Annie était choquée de ce qu’elle avait découvert, et Marcel essayait encore de comprendre. Auguste demanda à Manu d’expliquer pourquoi le groupe cherchait le

manuscrit des réunions antérieures à 1815 et comment le monde rétrécissait. Pendant ce temps, Hortense et Antoine remettaient le tonnelet dans sont état d’origine. Il retrouva sa forme d’avant, mais désormais il était vide. Marcel donna un sac-poubelle à Manu. Une fois le fût à l’intérieur, Manu le serra dans ses bras. Marcel se moqua de lui gentiment. Si l’on ne voulait pas attirer l’attention, il fallait tenir le sac comme si c’était véritablement une poubelle, et ne pas lui donner plus d’importance qu’il était censé avoir. Tous rentrèrent tard ce jour-là, ils avaient la tête dans les nuages.